Les banques d’affaires « de partenaires » : une nouvelle génération de boutiques M&A à forte valeur ajoutée

Les banques d’affaires « de partenaires » : une nouvelle génération de boutiques M&A à forte valeur ajoutée

Depuis plusieurs années, le paysage du conseil en fusions-acquisitions connaît une transformation profonde. À côté des grandes banques d’affaires internationales et des boutiques traditionnelles, une catégorie plus discrète mais de plus en plus influente s’est imposée : les banques d’affaires dites « de partenaires ». Des structures comme Zaoui & Co, Raphael Financial Advisory ou Valens Partners incarnent ce modèle singulier, fondé sur l’expertise individuelle, l’indépendance et la proximité avec les dirigeants.

Pour les étudiants et jeunes professionnels en finance, ces acteurs représentent une alternative crédible et souvent méconnue aux parcours plus classiques.

  

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Un modèle fondé sur la réputation des fondateurs

  

La caractéristique centrale de ces banques d’affaires réside dans le profil de leurs fondateurs. Il s’agit presque systématiquement d’anciens banquiers seniors issus des plus grandes institutions financières, ayant occupé des fonctions de premier plan en M&A pendant plusieurs décennies.

Ces professionnels ont bâti leur crédibilité sur des transactions emblématiques, une connaissance fine des grands groupes et une relation de confiance durable avec des dirigeants, des actionnaires familiaux ou des fonds d’investissement. La création de leur propre structure leur permet de capitaliser sur ce capital relationnel et sur leur réputation personnelle, souvent plus forte que celle de la marque elle-même.

Dans ce modèle, le client ne mandate pas une institution, mais une personne identifiée, reconnue et expérimentée.

   

Une approche du conseil radicalement différente

   

Contrairement aux grandes banques d’affaires, ces boutiques fonctionnent avec des équipes très resserrées. Le nombre de mandats est volontairement limité afin de garantir un niveau d’implication élevé sur chaque opération.

L’approche est généralement plus stratégique que purement transactionnelle. Les fondateurs interviennent très en amont des décisions, accompagnant les dirigeants sur des réflexions de long terme : restructuration du capital, arbitrages stratégiques, préparation à une cession ou à une acquisition future.

Cette proximité se traduit par une forte personnalisation du conseil, loin des processus standardisés que l’on retrouve dans les grandes plateformes internationales.

  

Une indépendance revendiquée

  

L’un des arguments majeurs de ces banques d’affaires est leur indépendance totale. Elles ne disposent ni de bilans à déployer, ni d’activités de financement, ni de produits annexes à vendre. Leur rémunération repose quasi exclusivement sur les honoraires de conseil.

Cette absence de conflits d’intérêts est particulièrement appréciée par certains dirigeants et actionnaires, notamment dans des situations sensibles ou complexes. Le conseil est perçu comme plus objectif, plus aligné avec les intérêts du client et moins contraint par des considérations internes.

Cette indépendance renforce également la crédibilité des recommandations stratégiques formulées.

   

Des clients souvent très spécifiques

   

Les banques d’affaires de partenaires ciblent généralement une clientèle bien définie. Il peut s’agir de grandes familles industrielles, de dirigeants de sociétés cotées, d’actionnaires de référence ou de fonds de private equity sur des opérations complexes ou atypiques.

Les opérations concernées ne sont pas nécessairement de grande taille en volume, mais elles présentent souvent un fort enjeu stratégique, politique ou réputationnel. C’est précisément sur ce type de situations que l’expérience et le jugement des fondateurs font la différence.

   

Un environnement exigeant pour les équipes

   

Travailler dans ce type de structure offre une expérience professionnelle très différente de celle des grandes banques. Les équipes sont réduites, les hiérarchies peu marquées, et l’exposition aux dirigeants est immédiate.

Les juniors sont souvent impliqués sur l’ensemble du processus, de l’analyse stratégique à la préparation des échanges avec les clients. En contrepartie, les exigences en termes de qualité, de rigueur intellectuelle et de confidentialité sont particulièrement élevées.

Il s’agit d’un environnement où la courbe d’apprentissage peut être extrêmement rapide, mais où la pression liée à l’excellence attendue est réelle.

  

Des perspectives de carrière atypiques

   

Les banques d’affaires de partenaires ne proposent pas des parcours de carrière aussi structurés que ceux des grandes institutions. Il n’existe pas toujours de grille de promotion formalisée ni de volumes de recrutement réguliers.

En revanche, les profils qui s’y épanouissent développent des compétences rares : sens stratégique, compréhension fine des enjeux actionnariaux, capacité à interagir avec des dirigeants de très haut niveau. Ces expériences peuvent constituer un tremplin vers d’autres carrières, notamment en private equity, dans des family offices ou au sein de directions financières de groupes.

Pour certains, l’objectif est également de s’inscrire dans la durée aux côtés des fondateurs, dans une logique de transmission progressive du capital et des responsabilités.

   

Pourquoi ce modèle séduit de plus en plus

  

Dans un contexte où les opérations M&A sont de plus en plus complexes, politisées et médiatisées, de nombreux dirigeants recherchent un conseil à forte valeur ajoutée, reposant davantage sur le jugement que sur la puissance de feu.

Les banques d’affaires de partenaires répondent précisément à cette attente. Elles incarnent une forme de retour à un conseil plus artisanal, mais exercé au plus haut niveau, où la confiance et la qualité de la relation priment sur le volume.

   

Conclusion

Les banques d’affaires de type Zaoui & Co, Raphael Financial Advisory ou Valens Partners occupent une place singulière dans l’écosystème du M&A. Fondées sur l’expertise individuelle, l’indépendance et la proximité avec les décideurs, elles proposent une alternative crédible aux grandes plateformes traditionnelles.

Pour un étudiant ou un jeune professionnel en finance, comprendre ce modèle permet d’élargir le champ des possibles et d’envisager des trajectoires de carrière moins standardisées, mais potentiellement très enrichissantes, tant sur le plan professionnel qu’intellectuel.